Madame la Présidente, voyons les choses et disons-les.

L’éventuelle création d’un Kurdistan syrien à la frontière de l’Anatolie peut être regardée d’Ankara comme une intolérable menace à l’intégrité territoriale de la Turquie.

Si on ne le comprenait pas, l’entrée des troupes turques en Syrie resterait totalement inexplicable, mais cette aventure militaire est-elle pour autant admissible?

Elle ne l’est pas, Monsieur Erdoğan, car elle ne fait que démultiplier la douleur et le ressentiment des Kurdes, des Kurdes de Syrie comme de Turquie.

Elle ne l’est pas, Monsieur Erdoğan, car qu’allez-vous faire, maintenant? Rester en Syrie et devenir puissance occupante? En partir et laisser derrière vous la haine et le désir de revanche?

Elle ne l’est pas, Monsieur Erdoğan, car vous redonnez force à Daech, affaiblissez l’Alliance atlantique et avivez les rivalités de puissance du magasin de poudre proche-oriental.

Il n’y a là, Monsieur Erdoğan, nulle sagesse et nulle raison.

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