A la place des Chinois, je m’en débarrasserais au plus vite. Je ne sais pas s’ils le peuvent. En vérité, j’en doute tant cet homme fait régner la terreur au sommet de son parti après avoir éliminé ses rivaux au nom de la lutte contre la corruption mais, si la Chine le pouvait encore, son intérêt serait de le remplacer avant qu’il ne lui ait coûté trop cher car…

Tentons un bilan.

M. Xi a si bien fait taire les jeunes médecins qui lançaient l’alerte sur l’apparition du Covid-19 que la Chine est aujourd’hui considérée comme responsable d’une pandémie dont elle n’avait pourtant été que la première victime. A la place des Chinois, je ne l’en féliciterais pas et c’est loin d’être tout.

Xi Jinping est également l’homme qui a fait placer un million de Ouigours en camps de concentration afin de les former, dit son régime – de les former au travail forcé et à l’abandon de leur culture, de leur religion et de leurs traditions car tous seraient des terroristes en puissance. Après l’incessante persécution des Tibétains, M. Xi a maintenant fait de la Chine une puissance génocidaire et hostile à toutes ses minorités, sans exception.

Ce n’est pas vraiment une contribution à la renommée d’une puissance qui peut aspirer à devenir la première du monde mais ce n’est encore pas tout. En réprimant Hong Kong et déchirant l’accord de rétrocession que son pays avait conclu avec la Grande-Bretagne, M. Xi a montré aux cinq continents l’idée que son régime se fait de ses engagements internationaux, des libertés et de la démocratie.

Au passage, M. Xi a aussi donné à voir aux Taïwanais ce que signifiait pour lui « un pays, deux systèmes ». Il a ainsi tué tout espoir de réunification pacifique des deux Chine, la Chine de la démocratie et celle de la dictature, et le sait si bien que sa seule politique taïwanaise est d’exercer une constante pression militaire sur cet Etat insulaire dont il fait quotidiennement violer l’espace aérien.

C’est notre droit, dit-il. C’est la Chine, répond-il. Il n’y a qu’une seule Chine, martèle son régime mais s’il n’y en a qu’une, pourquoi est-ce la Chine communiste qui devrait s’imposer à la Chine démocratique et non pas l’inverse ?

La réponse est que la force n’est pas du côté de la seconde mais de la première et que ce ne sont pas les urnes mais la force qui compte aux yeux de M. Xi qui, jour après jour, en administre la preuve en Mer de Chine méridionale.

Là-bas, sa marine annexe des îles et îlots contestés qu’il transforme en autant de bases avancées de son pouvoir. M. Xi s’impose à ses voisins et, avant tout, aux Birmans crucifiés par une armée putschiste qui ne serait rien sans lui. Il croit contribuer à l’affirmation régionale de son pays mais ne fait rien d’autre que cimenter la Mer de Chine méridionale et toute l’Asie dans le rejet d’une dictature qui voudrait s’assurer le contrôle d’un continent entier avant de s’imposer au monde.

Vous je ne sais pas, chers amis chinois, mais moi, je n’appellerais pas cela des succès.

Votre président est tellement aveugle et mégalomane qu’il a permis à Joe Biden de réunir tout le reste de la région indopacifique, Inde, Australie et Japon en tête, derrière les Etats-Unis. Ce n’est pas dans l’intérêt de la Chine que M. Xi travaille mais à son détriment et le meilleur exemple en est l’incroyable bourde qu’il vient de commettre en Europe.

Avec l’Union européenne, vos diplomates étaient parvenus, en décembre, à signer un accord sur les investissements. C’était bien joué. En faisant des concessions aux Européens alors que Joe Biden n’avait pas encore pris ses fonctions, votre président avait su enfoncer un coin entre les démocraties mais, sitôt fait, il s’est tiré dans le pied.

Au motif que l’Union a sanctionné des responsables de l’abomination commise contre les Ouigours, M. Xi a fait sanctionner des responsables de tous les groupes politiques du Parlement européen et même, en bloc, sa commission des droits de l’Homme. On ne sanctionne pas la Chine, fait-il dire, mais le Parlement européen ne veut en conséquence plus examiner ce projet d’accord que la majorité de ses députés auraient pourtant été prêts à ratifier.

En misant tout sur la force, M. Xi s’est non seulement aliéné l’Union européenne mais a favorisé un resserrement des liens euraméricains aussi spectaculaire que le rapprochement entre les Etats-Unis et l’Asie. Deux blocs se dessinent. Les démocraties d’un côté, européennes, nord-américaines et asiatiques ; la Chine, l’Iran, la Russie de l’autre. Alors oui, chers amis chinois, avant quil ne vous mène à la catastrophe et nous avec, tentez de vous débarrasser de ce danger public, inepte et gonflé d’importance, qui s’appelle Xi Jinping, l’Ubu de Beijing.       

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